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Vendredi 20 Juillet 2018

La modernisation des textes de notre enfance

Hachette réactualise Fantômette et les autres...

Faut-il s'insurger contre la réécriture de nos lectures enfantines ? Un groupe Facebookien tape du poing sur la table. L'équipe de Livrejeunesse n'est pas foncièrement d'accord avec cette approche.

Une langue vivante est par définition... vivante ! elle change, elle évolue, elle se mélange avec d'autres, s'adapte au contexte : des mots naissent, vivent et meurent quand ils deviennent désuets.

Nous sommes habitués à vivre dans un monde qui évolue vite, mais, en fait, il évolue beaucoup plus vite que nous : nos enfants zappent, naviguent sur internet, envoient des SMS, jouent dans des jeux vidéos où ils interagissent physiquement réellement. A l'époque où nous avons découvert la lecture, nous n'avions aucune de ces sollicitations extérieures : nos télévisions étaient en noir et blanc, nous n'avions que trois chaines (à partir de 13 h) et pas de télécommande ! Le monde culturel de nos enfants n'est plus le nôtre !

Pourquoi la modernisation des textes devrait-elle nous choquer ? Croyez-vous que nous arriverions à découvrir un conte de Perrault en version originale, sans avoir un dictionnaire à côté ? ou même un livre de la Comtesse de Ségur ? je ne parle pas d'un Rabelais ou d'un Montaigne. Qu'est-ce qui est le plus important : que les enfants glissent sur le miroir (et finissent l'histoire) ou butent sur la psyché et ferment le livre ? Faut-il que les éditeurs fassent des sous-titres à chaque mot ?

''Vous m'épatâtes car vous pûtes, que je susse, éviter que les correcteurs m'imputassent ce crime grammatical'' (phrase trouvée sur : correcteurs.blog.lemonde.fr/2005/02/03/2005_02_le_gai_savoir/). Combien de fois avez-vous relu cette phrase avant de la comprendre ? Pourtant, à une époque, ce type de tournure était d'un usage courant... imaginez un livre entier écrit ainsi : au bout de combien de pages le lâcheriez-vous ?

Ce qui est important, c'est que les enfants lisent, lisent des textes adaptés à leur mode de pensée. J'aime Fantômette, mais si on ne la modernise pas un peu, quel poids va-t-elle faire face à des Ben Ten ou des Pokemons ? De plus - pour Fantômette - cela a été fait à la demande de l'auteur, Georges Chaulet. Peut-on laisser aujourd'hui publier des livres comme ''le club des Cinq et les gitans'' (ou comme Tintin au Congo) qui ont un contenu décalé ?

Ma mère a râlé pour la sortie de la série ''les Cinq'' qui reprenait les héros d'Enyd Blyton, en version texte sur une page, bande dessinée de l'autre. Maintenant nous allons râler avec la nouvelle adaptation des séries de notre enfance. Pourquoi ? parce que nous sommes conservateurs, que l'on s'accroche à nos référents culturels. Reste aussi à définir ce qu'est une version originale : est-ce la version d'origine de l'auteur, ou bien est-ce la première version que l'on a lue et à laquelle on reste figé ?

Après, tout est question de traduction et d'adaptation : j'ai été plus choquée par les traductions de la série des Malory School, après les avoir lu en version originale ; j'ai été furieuse (contre Hachette) : des passages entiers déplacés ou tronqués voire même complément réécris, le jeu sportif où Dolly Rivers brille, le Lacrosse, transformé en Tennis...

Faut-il qu'Hachette propose des livres en version mixte pour rassurer tout le monde ? la page de gauche pour la version antérieure, la page de droite pour une version actualisée ? et pour les auteurs étrangers, faut-il aussi proposer l'original intégré à la bibliothèque rose ? combien vont peser les livres ? Faut-il proposer un code pour accéder à toutes les version antérieures sous format numérique ?

Je ne pense pas qu'Hachette s'amuse à réécrire des textes pour le plaisir : les adapter, c'est leur donner une deuxième vie, une deuxième chance de conquérir un public différent du nôtre, plus vaste, une possibilité de partage transgénérationnel. C'est dur d'intéresser un enfant à un livre où il n'y a pas d'ordinateur, de supers pouvoirs, d'animaux fabuleux !..

Ce n'est pas de l'appauvrissement, c'est comprendre les attentes du jeune lecteur et lui proposer des textes adaptés à son niveau, pour lui fournir la plus grande variété de choix possible : la fusion de son univers actuel et de celui de ses parents.

Il s'agit juste de moderniser un discours, pas d'introduire internet dans le Club des Cinq !

Clarybelle

Lundi 29 Novembre 2010

Mots Clefs :

#Fictions (Surnaturel)

Renseignements complémentaires

Réaction face à un groupe facebokien, Bibliothèque rose, arrêtez le massacre !
Entretien téléphonique avec la directrice éditoriale de la série Fantômette.

Devaient se trouver ici les boutons de partages sur les réseaux sociaux.
Mais comme je ne sais pas ce que font exactement ces réseaux de ces données, je préfère vous laissez la liberté de recopier l'url et de la partager vous-même de votre propre initiative là où vous le voulez.

Source :

LA REDACTION